Vol. 2 No 1 (2020): REVUE INTERDISCIPLINAIRE FRANCOPHONE

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La Revue Interdisciplinaire Francophone a pour vocation la diffusion en langue française des résultats de recherche.
C’est pourquoi son comité de rédaction, poursuivant cet effort de visibilité entamé dès 2019, présente ce jour aux lecteurs, sous forme d’un volume double qui paraît en décembre, la livraison de l’année 2021 comportant une innovation de taille et revêtant une double caractéristique.
L’innovation réside dans l’actualisation du label : Revue Inter-disciplinaire Francophone (RIFRA), en lieu et place de l’ancienne Revue interdisciplinaire d’études francophones.
La double caractéristique consiste, d’une part, à réunir en une seule livraison tous les articles retenus pour publication, et d’autre part, à rassembler les résultats des recherches en provenance de plusieurs facultés organisées au sein de l’Université de Kinshasa.
Voici donc l’éventail de la Revue Interdisciplinaire Francophone de plus en plus ouvert à l’interdisciplinarité. Selon sa vision. Véritablement ! Elle comporte, en effet, des articles sur le Droit, les Sciences économiques et de gestion, les Sciences Sociales et politiques, les Sciences de la Communication et de l’Information, la Didactique, outre les articles émanant du Département des Lettres et Civilisation Françaises et répartis entre les deux orientations : Linguistique et Littérature.
Riche à souhait, ce volume en deux numéros s’inscrit, en outre, dans le cycle des trois livraisons à thème libre (n°4, n°5 et n°6), venant après les trois premiers numéros (1, 2, 3) qui furent consacrés respectivement aux thèmes ci-après : « Enseignement et pratique du français », « Critique des oeuvres littéraires », et « Ecrivaines congolaises ». 

Pouvait-on mieux ouvrir la série des 19 contributions de ce volume double que par l’article de Jean Nsonsa Vinda, dénonçant l’impact des langues des colonisateurs sur l’Afrique subsaharienne ?
Gabriel Sumaili Ngaye-Lussa montre combien peuvent être ardus les problèmes soulevés par la tentative de définir les mots français en usage dans un espace francophone tel que la RD Congo.
Pour sa part, Thoa Tsambu Gisle présente et analyse les dénominations que portent, en français de Kinshasa, les maisons de commerce et lieux de culte.
Kinshasa, Blaise Bulele Kwakombe soulève la question de la nécessité indiscutable d’aménager les langues nationales, afin de les rendre à même d’exprimer l’actualité et la modernité.
L’usage de plus en plus répandu de la langue lingala sur les emballages des produits surgelés africains vendus en Europe a fait l’objet de la préoccupation d’Alain Ishamalangenge Nyimilongo qui nous livre son analyse du lien culturel et économique de cette cohabitation avec les langues européennes.
Grâce à l’analyse du contenu sémantique global du discours tenu par le président Joseph Kabila le 30/06/2016, Damien Shambo Opoka parvient à mettre en exergue notamment les stratégies énonciatives à caractère non seulement informatif, mais aussi directif.
Avec bonheur, Jean Baudouin Mokoha Monga-Adogo s’adonne à la revisitation de l’univers narratif de V. Y. Mudimbe, dont l’oeuvre prolifique demeure à la fois complexe, vaste et pluridisciplinaire. Dans le cadre des Nouvelles écritures africaines, il découvre en lui une totalité, un gourou, un anthropophage culturel.
Rogatien Ondain ABB aborde, par une approche narratologique thématique, le récent roman de Josué Banza Bilemwina, La belle pandémie 2, et tente de faire surgir, au travers des idéologies de l’auteur, un jugement de valeur sur les origines de cette épidémie universelle.
Quant à Aurélie Bulakali Nsimire, elle a choisi de se focaliser sur l’héroïne du roman Yatima d’Antoine de Padoue Ngoy Kamango, une déplacée de guerre, témoin oculaire qui fait revivre au lecteur des scènes macabres des atrocités qui ne cessent de ponctuer l’insécurité à l’Est de la RD Congo. 

D’où vient l’influence plurielle qui, conjuguée au génie propre de Jacques Roumain, confère au célèbre roman Gouverneurs de la rosée, s’interroge Dieudonné Mutombu Yembelang. Il démontre, ici, le faisceau des axes forts qui ont fécondé la pensée de l’écrivain haïtien.
S’intéressant à l’oeuvre de la guadeloupéenne Maryse Condé, et à travers le double héritage culturel de la romancière, Raphaël Numbi Kyose procède à la lecture politique du roman historique et traditionnel Ségou, et nous montre que la problématique liée à l’identité culturelle reste un enjeu crucial.
Grégoire Mulamba Tshisumba applique la méthode structurale dans l’analyse de l’un des contes de l’ivoirien Bernard Dadié, Le pagne noir. A travers le schéma quinaire et le schéma actanciel, il en dégage aussi bien la phrase de la configuration actancielle que l’idéologie véhiculée.
Céline Nsula wa Ntambwe aborde cinq romanciers congolais, parmi ceux qui ont choisi de cultiver l’idéologie sociopolitique de la dénonciation de la dictature et, pour montrer les valeurs idéologiques iconiques, analyse, dans leurs oeuvres, tant la titrologie que l’iconographie.
En vue d’élaborer une radioscopie de la webosphère congolaise, les auteurs, Casimir Ilunga Kasambayi et Hugues Jérôme Mumbanza Kolo, retracent l’historique de l’Internet en RD Congo, avant d’analyser par catégories, selon la grille d’interprétation, huit sites web de ce pays de l’Afrique centrale.
Après avoir défini le nom et montré les éléments qui le constituent, la nature juridique et les caractères du nom, Amisi Herady se penche sur l’attribution du nom, sur la protection et l’abus du nom, pour relever les cinq idées force qui animent le régime juridique du nom.
Sylvain Lokutu Mubobo se penche successivement sur la notion et les sortes de responsabilité de l’Etat, sur le fonctionnement de la justice ainsi que sur la responsabilité découlant d’un mauvais fonctionnement, pour étudier enfin les causes de cette responsabilité.
Comment l’Afrique du Sud, avec ses pratiques des discriminations raciales, politiques et sociales, est-elle parvenue à une cohabitation pacifique ? Alphonse Kasongo Djunga applique l’étude de cas sur l’analyse d’un modèle théorique de résolution de conflit.

De l’analyse du contenu de plusieurs manuels scolaires utilisés dans l’enseignement en RD Congo, Willy Ilunga Ntumba mesure la part de l’image interculturelle diffusée, image de plus en plus souhaitée en vue de la rentabilité du procès d’acquisition des compétences langagières des apprenants.

Pour ce numéro double ainsi constitué, le Comité de rédaction exprime ses remerciements les plus vifs et les plus sincères à chacun des auteurs qui, par son article, comme jalon, a réellement contribué à la progression vers l’interdisciplinarité que nous appelons de nos voeux.
Dans un monde plus que conscient de la mort des civilisations, que serait le savoir, sinon cette somme de connaissances construite par des apports multilatéraux, brique de pyramide après brique de pyramide ?
Et de cette diversité des disciplines scientifiques, la Revue Interdisciplinaire Francophone se veut humblement le trait d’union.

Gabriel Sumaili Ngaye-Lussa

Publiée: 04-02-2020